Un an après la première mouture et plusieurs longs mois après les Etats-Unis, le Surface Book dit « Performance Base » est enfin de sorti en France ! Intéressé mais un peu dubitatif concernant la première mouture avec discrete-GPU, et surtout son prix, j’ai été bien plus convaincu par l’édition 2016 qui sur le papier semblait plus prometteur. Mais qu’en est-il réellement ?

La boite, sobre mais classe


Surface Book : ultra-portable hybride performant ?

Bien qu’assez agréablement surpris par les performances de ma Surface Pro 4, il faut reconnaître, que pour qui n’a pas des besoins spécifiques pour le produit (stylet, format tablette,…), les tablettes hybrides ne rivalisent jamais vraiment avec des ultra-portables pensés pour être performants, ni en terme de caractéristiques, ni en terme de prix. Néanmoins, les Surface Pro ont toujours, surtout depuis le 3ème modèle, su être particulièrement polyvalentes, sans avoir vraiment d’équivalents jusqu’à ces derniers mois. Le Surface Book quant à lui va un peu plus loin côté performances, tout en gardant cette polyvalence qui fait la force de ses grandes sœurs.

Ainsi, on retrouve toujours une tablette, ici de 13,5 pouces (vs 12,3 pour les SP4), avec une résolution de 3000x2000 offrant une (excellente) définition, identique à celle des Surface Pro 4, de 267ppp. Mais là où les SP sont pensé comme des tablettes, et sont donc vendus seules (hors packs), le SB est davantage pensé comme un laptop et est donc fourni avec un clavier « dur » identique à celui qu’on retrouverait sur un ordinateur portable traditionnel. La tablette fait ainsi office d’écran tout en étant détachable et autonome seule. En résulte fatalement un produit plus imposant, mais qui semble en même temps plus solide. Le poids s’en ressent d’ailleurs énormément avec un ensemble pesant pas moins de 1,6 Kg, ce qui peut sembler très lourd mais à l’utilisation cela n’est pas forcément toujours à son désavantage, ce que nous verrons plus loin.

 Pour ce qui est des caractéristiques techniques elles-même, le modèle testé est donc le modèle :

  • Intel Core i7 6600U (dual-core),
  • 256 Go de mémoire interne (207 Go disponibles),
  • 8 Go de ram,
  • CG intégré Intel HD520 + NVidia GTX965M 2Go GDDR5 dans son clavier.
  • Surface Pen fourni (1024 niveaux de pression, pile incluse)

La partie tablette est aussi équipée de deux caméras de 8 Mpx (arrière) et 5Mpx (avant) compatible Hello et de deux haut-parleurs stéréo au son très correct mais un peu étouffé.

Côté droit : mini-DP et Surface ConnectorCôté gauche : 2 ports USB et un lecteur de carte SD

Côté connectique, le Surface Book nouvelle version n’a pas changé, et la partie clavier possède toujours 2 port full-USB 3, un mini display port et un lecteur de carte SD. Mais aussi le connecteur du clavier et son système mécanique, différent des Pro 3 et 4, pour connecter tablette, et un Surface Connector qui sert à recharger l’ensemble, cette fois-ci identique à celui des SP3 et 4, que l’on retrouve également sur la tablette elle-même. Enfin pour ce qui est de la connectivité du Book, celui-ci gère le Bluetooth 4.0, le Wifi (802.11a/b/g/n/ac) et le Miracast.

Personnellement, comme beaucoup je n’aurai pas été contre un port USB Type-C supplémentaire ou en remplacement du mini-display port, pour sa polyvalence notamment, mais Microsoft considère que cela peut être confusant pour l’utilisateur, ce qui n’est pas totalement faux mais reste dommage (surtout si en supplément).

J’ai aussi une préférence pour le port micro SD des Surface Pro, plus discret et surtout qui ne fait pas dépasser la carte et permet donc de la laisser dedans constamment (bien que j’ai depuis trouvé un adaptateur/cache micro-SD pour le Book). De plus celui-ci se trouve sur la partie clavier ce qui peut être peu pratique parfois.

Prise en main et utilisation

De par son format plus imposant, le Surface Book diffère pas mal des autres hybrides type Surface Pro, et se rapproche davantage des laptops 2 en 1. En effet, l’ensemble complet est plutôt lourd face à une tablette pour être utilisé à bout de bras. Mais la forme globale de l’ensemble avec son fameux interstice lui donne une forme qui rappellerait un livre ou un magazine avec les pages repliés dans le dos. Le grand format de l’écran donne au tout une prise en main étonnement agréable que ce soit en vertical ou horizontalement, l’ordinateur posé sur le bras et tenu par la main (gauche pour ma part) tandis que l’autre peut aisément être utilisée pour dessiner ou prendre des notes. Moi qui était un peu septique au final j’ai trouvé cela au moins aussi confortable, si ce n’est plus que ma SP4 pour dessiner debout. Pourtant je n’ai pas spécialement des gros bras pour supporter le poids. Néanmoins il reste également la possibilité de décrocher simplement la tablette du clavier, et dans ce cas la tablette est (un peu) plus légère que la SP4 avec ou sans clavier.

Le SB est devenu mon outil en télétravail

Le Surface Book est également plus compliqué à utiliser dans des positions moins conventionnelles comme les jambes repliées devant soit dans un canapé par exemple. Et si l’absence de kickstand m’a toujours paru comme une régression par rapport aux SP, le fait de pouvoir connecter la tablette à l’envers sur le clavier (mode clipboard) la rende presque aussi agréable à utiliser sur les genoux ou même entrouverte et simplement maintenu à la main ou via des supports (improvisés) dans l’angle voulu. Petit bémol concernant le système d’écran détachable : il est parfois un peu capricieux et s’avère peu pratique si on a besoin à la fois de pouvoir utiliser le GPU Nvidia, du tactile pour dessiner/travailler et du clavier (auquel cas mieux vaut laisser la tablette en mode clipboard et brancher un clavier externe).

Concernant l'écran en lui-même, pas grand chose à redire, le format 3/2 est toujours aussi pratique pour travailler et dessiner, et le tactile répond parfaitement bien (avec ou sans stylet). Je trouve juste la luminosité bizarrement configurée. En effet, l'écran du Surface Book semble beaucoup moins lumineux que celui de la Surface Pro 4, et à 0 ou 25 % on ne voit quasiment rien...

Côté clavier, rien à lui repprocher, il est agréable, les touches sont suffisamment espacées et le retour est très bon. Quant au trackpad, il est au moins aussi bon que ceux d’Apple et des Surface Pro 4. Enfin, le stylet est identique à celui de la Surface Pro 4, c'est à dire excellent, avec une bonne prise en main et un sensation de friction sur l'écran que j'ai toujours trouvé plus agréable que celui du Pencil d'Apple qui n'accroche pas du tout. La prise en main est donc au final très bonne.

Pour ce qui est de l’utilisation en elle-même, le comportement de l’ordinateur ne diffère pas des autres hybrides et 2 en 1, Windows 10 fonctionne de la même manière. Donc celui qui l’apprécie pas, ne l’aimera pas plus sur le Surface Book. La seule différence de comportement que j’ai réellement ressenti entre ma Pro 4 et mon Book vient du Miracast, que j’ai trouvé beaucoup plus efficace sur le Book. Là où la connexion plante sur ma Pro 4, celle-ci se fait et ne subit que très peu de latence sur mon Book, ce qui me permet par exemple de travailler sur mon écran de télévision même sur Indesign ou même de jouer à Minecraft sans problème !

Mais là où le Surface Book se distingue vraiment en revanche, c’est en termes d’autonomie. Avec une autonomie annoncée de 16h, le Surface Book est un appareil particulièrement endurant, contrairement aux SP4 qui peuvent très vite être à court de jus. D’autant plus que les deux batteries contenues dans la tablette (18 Wh) et le clavier (63,4 Wh), sont gérées indépendamment l’une de l’autre. Evidemment cela varie énormément selon l’activité, et il ne faudra pas compter jouer 16h d’affilées à Fallout 4, mais quelques heures en revanche, c’est bien possible ! La tablette seule peut également tenir jusqu’à 4h, ce qui me semble plus que correcte et peut permettre de se passer du clavier pour la prise de note en réunion, ou le dessin, si besoin. A noter d’ailleurs que la tablette peut aussi être rechargé seule avec le cable fourni ou celui d’une SP3 ou 4.

Personnellement, j’ai réussi à tenir sans recharge 5h d’affilées, sans avoir branché le Book la veille et en l’ayant laissé se mettre à jour avant d’aller me coucher (donc pas à 100% le lendemain). Il me restait au final 22 % alors que je travaillais dessus sur InDesign, Acrobat Pro, que j’avais mis de la musique en Streaming via Groove et que j’avais des pages internet constamment ouvertes. Je pense que l’ordinateur aurait pu tenir 2 ou 3 heures de plus malgré tout ça. Certes c’est moins de 16h mais c’est également dans des conditions plus lourdes que celles des tests d’endurances. Et cela reste bien plus important que sur mon ancien MacBook qui tenait à tout casser 2 ou 3 heures à l’époque, ou ma SP4 qui aurait tenu max 2 heures.

Surface Book et puissance

Si j’ai craqué pour le Surface Book, c’est en partie pour mes besoins propres aussi divers et variés que le dessin, la production graphique ou le jeu vidéo. Et là où j’attendais l’hybride au tournant était ce dernier point. En effet, bien que je sois finalement assez peu exigeant sur la qualité graphique quand je joue, j’avais été particulièrement frustré de ne pas avoir pu profiter de ma version PC de Fallout 4 qui ne fonctionnait pas du tout sur ma SP4 à cause d’incompatibilité avec les chipsets intégrés d’Intel (pourtant j’ai réussi à le lancer…une fois). Je me suis donc empressé de faire le test de ce même jeu sur le Surface Book. Et je le dis d’entrée, j’ai été plus que ravi ! En plus de se lancer, le jeu tourne aisément en « High » en mode plein écran (impossible de savoir en quelle résolution en revanche). Pas de ralentissements, une fluidité exemplaire (plus que sur la version Xbox One). En revanche au lancement, je dois parfois m’y reprendre à plusieurs fois pour choisir le mode plein écran dans les options du jeu. Est-ce un problème du jeu ou du Book ? Je ne sais pas. 

Vidéo d'un Youtubeur josher14 testant Fallout 4 sur le SB Performance Base 

J’ai également testé, et comparé Final Fantasy XIV Heavensward (puis Stormblood), et là encore rien à redire. Si le jeu tournait déjà très bien sur la SP4 (et même les précédentes) en 720p avec un rendu largement au-dessus de la version PS3, sur le Surface Book, le jeu tourne en 1080p avec des réglages bien plus hauts, en mode « Desktop High ». Mais c’est déjà bien suffisant, et cela donne un rendu que j’ai trouvé similaire à la version PS4, et beaucoup moins flou que sur ma SP4 sur laquelle l’interface était aussi plus imposante du fait de la plus faible résolution choisie. La fluidité était également plus que correcte, avec un framerate de 40-50 fps (frames par seconde) dans les zones peuplés (et propices aux ralentissements) là ou ma SP4 tournait davantage autour des 20-30 fps.

J’ai aussi essayé d’augmenter la résolution, mais la petitesse des menus et de l’interface (bien que configurables), m’ont fait me limiter au 1920 x 1200 largement suffisant sur une telle taille d’écran. Le jeu tournait toujours cependant, mais perdait un peu en fluidité.

FFXIV Stormblood tourne parfaitement

A noter que dans une telle situation, le Surface Book devient un peu plus bruyant puisque les ventilateurs s’activent afin d'atténuer la chauffe. Cependant, je n’ai pas ressenti de chauffe aussi excessive que mon MacBook Pro à l’époque, qui m’empêchait de jouer le portable sur les genoux si je ne voulais pas me brûler… A noter qu'une fois un jeu fermé, il ne faut pas plus que quelques secondes pour que les ventilateurs s'arrêtent de tourner.

Je terminerai cette section en rappelant que le Surface Book a été pensé pour les graphistes les plus exigeants, ayant besoin de travailler de la vidéo ou de la 3D. Mais n’étant pas de cette catégorie, je ne pourrais me prononcer plus en détails sur ce point. Les retours sur le net semblent cependant très bons, mais il faudra peut-être davantage opter pour les modèles 16Go de RAM pour ce genre de besoins plus gourmands en ressources et en mémoire.

Le Surface Book est en définitive un excellent appareil, à la fois performant et polyvalent, mais également peu accessible. La qualité de son écran, de sa dalle tactile, sa puissance, et sa connectique permettent de faire quasiment ce que l’on veut avec. Reste la question du prix, élevé, malgré ses nombreuses qualités, et de certains choix de design qui peuvent parfois sembler étranges (port SD sur le clavier, absence d’USB Type C, de kickstand,…). A vous de voir selon vos besoins, mais quoi qu’il en soit il reste un excellent ordinateur hybride.

 Points forts :

  • Polyvalence, puissance
  • La qualité de l’écran et de la partie tablette en général
  • Clavier et trackpad excellents
  • Autonomie 

 Points faibles :

  • Le prix qui mériterait d’être un peu plus contenu
  • L’absence d’USB C et de connectiques sur la partie tablette et/ou supplémentaires
  • Système pour détacher l'écran parfois peu pratique


Le Surface Book : pour qui ? pour quoi ?

Suite à ce test, je fais un petit récapitulatif de mon ressenti sur l’appareil et pour permettre à chacun de savoir si oui ou non le Surface Book peut être un bon investissement. Car oui à 2000€ minimum sans carte NVidia, cela représente un coût.

Tout d'abord : les modèles sans dGPU, sincèrement je les trouve beaucoup trop cher et peu intéressants face à une Surface Pro de même processeur voir au dessus. (notamment la i7 qui a un meilleur chipset Intel que le i7 du Book)  

Si vous voulez uniquement faire de la bureautique, de la consultation internet, que le stylet n’a que peu ou pas d’utilité pour vous : un Surface Book est clairement disproportionné pour une telle utilisation. Autant se rabattre sur le Surface Laptop, une Surface Pro M3 ou un appareil concurrent équivalent, qui seront moins cher et largement suffisant. Cela restera valable pour qui veut également prendre des notes manuscrites numériquement (étudiant ?).

Si vous êtes graphiste, la question se posera davantage sur vos besoins, si vous avez besoin de travailler de la 3D ou de la vidéo, le Surface Book Performance Base est fait pour vous, si en revanche vous ne faites que du print et/ou un peu de web (mon cas) mais ne prévoyez pas d’utiliser l’appareil pour autre chose, une Surface Pro 4 i5/i7 peut suffire, même si le grand écran est effectivement un gros plus. Le Surface Book peut également être un plus pour les illustrateurs travaillant sur des logiciels lourds tel Photoshop avec des fichiers volumineux et complexes. Dans ce cas, le modèle i5 sans Performance Base peut également suffire.

Si vous êtes gamer, et que vous aimez aussi faire du montage video et dessiner, ou autre, le Surface Book peut-être un bon investissement…cependant, il est possible de trouver des PCs portables Gaming pour beaucoup moins cher et/ou plus performants, pour qui n’aurait pas besoin du côté hybride, nomade et/ou de l’écran tactile. Le Surface Book reste en revanche bien plus léger et petit que pas mal de PC portable gaming, et garde une dalle mieux définie (souvent limité à du 1080p max sur les PC gaming).

Où acheter Surface Book et à quel prix ?

Sur le Microsoft Store, le prix du Surface Book avec Performance Base débute à 2599€ pour la version Core i7 / 8Go de RAM / 256 de stockage SSD et dGPU. La version la plus élevée est commercialisée pour 3649€ et propose 1To d'espace disque et 16Go de RAM. Le prix est également identique sur Amazon. N'hésitez pas à mettre un lien en commentaires si vous la trouvez moins cher ailleurs !

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Source : microsoft.com

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